II se voit pas dedans. Il se voit pas dedans !
Moi dedans je le vois bien, dedans la merde, ça lui va bien.
Je te vois bien. Hé ! ? Tu te vois ? Tu te vois mieux ? Tu te vois bien ? C’est toi ! C’est pas une affiche, c’est ta vie ! Et la merde tout autour aussi. Entre tes dents, dans tes narines, sur tes yeux, c’est la vie. C’est la vie qui te gagne.
C’est beau, non ?
C’est beau et c’est chaud.
C’est profond, c’est épais, c’est doux.
Mais ça pue, t’as vu ?
Et c’est dégueulasse, hein ?
Mais laisse toi aller. Détends toi, ne pèse plus, respire. Respire ne t’arrête pas ou tu vas rougir, tu vas bleuir et puis tu vas mourir. Ce serait dommage de mourir comme ça, non ? Incarcéré dans ta Mercedes et baigné dans ta merde. Toi qui te croyais en acier trempé et inoxydable.
Toi qui as toujours eu peur de rater quoique ce soit. Et surtout ta carrière, trop peu fournie parce que tu ne te voyais pas dans ce personnage-là, parce que celui-ci ne correspondait pas à l’image que tu souhaitais véhiculer, parce qu’un autre n’était pas assez populaire… et à force de ne pas te voir dedans la majorité des rôles qu’on te proposait on t’a vu dans rien.
Alors là ! Rater ta mort ! La mort qui est l’illustration de ta vie, comme tu le disais si bien avec le sourire préfabriqué de l’homme préfabriqué que tu étalais sur chaque photo, avec la fierté transpirante d’avoir trouvé une belle formule qui te donnait l’air intelligent.
Et te voilà en train de te noyer dans ta peur, retourné dans un champ de navets, les jambes découpées par la taule allemande, et moi, à côté, qui te fais le bilan. Mais c’est mon boulot à moi. Je suis ton agent gros tas d’ambitions égocentrées. Tu ne t’es jamais vu dans rien parce que tu te croyais trop bien pour tout. Et même ce rôle là, le rôle de ta mort, tu le refuses en chialant comme un gosse : j’me vois pas dedans, j’veux pas y aller, c’est pas encore le moment, j’me vois pas dedans, Elizabeth !
Mais ferme donc ta gueule ! Arrête de te plaindre ! Tu as passé toute ta vie à gémir gros dégueulasse narcissique !
Elizabeth, elle en a marre de t’entendre geindre. Elizabeth, elle aimerait bien que t’arrêtes de dégueuler ta trouille dans ses oreilles. Elizabeth, elle, elle se voit bien dedans et elle attendait que ça d’avoir un peu de temps pour s’occuper d’elle un petit peu. Alors Elizabeth, elle va prendre le morceau de pare-brise qui lui traverse la cage thoracique et elle va y aller, Elizabeth.
Et toi, tu vas rester là, à patauger dans ta chiasse. Alors vas-y, allez ! En attendant les secours prends encore une grande bouffée de merde ! Mets-t’en plein les yeux, plein la gueule, plein les poumons, plein la panse, plein le cul, vas-y bouffe ! Bouffe ! Régale-toi ! Éclate-toi ! Éclate-toi ! Vas-y éclate ! Vis ! Porc !
Moi dedans je le vois bien, dedans la merde, ça lui va bien.
Je te vois bien. Hé ! ? Tu te vois ? Tu te vois mieux ? Tu te vois bien ? C’est toi ! C’est pas une affiche, c’est ta vie ! Et la merde tout autour aussi. Entre tes dents, dans tes narines, sur tes yeux, c’est la vie. C’est la vie qui te gagne.
C’est beau, non ?
C’est beau et c’est chaud.
C’est profond, c’est épais, c’est doux.
Mais ça pue, t’as vu ?
Et c’est dégueulasse, hein ?
Mais laisse toi aller. Détends toi, ne pèse plus, respire. Respire ne t’arrête pas ou tu vas rougir, tu vas bleuir et puis tu vas mourir. Ce serait dommage de mourir comme ça, non ? Incarcéré dans ta Mercedes et baigné dans ta merde. Toi qui te croyais en acier trempé et inoxydable.
Toi qui as toujours eu peur de rater quoique ce soit. Et surtout ta carrière, trop peu fournie parce que tu ne te voyais pas dans ce personnage-là, parce que celui-ci ne correspondait pas à l’image que tu souhaitais véhiculer, parce qu’un autre n’était pas assez populaire… et à force de ne pas te voir dedans la majorité des rôles qu’on te proposait on t’a vu dans rien.
Alors là ! Rater ta mort ! La mort qui est l’illustration de ta vie, comme tu le disais si bien avec le sourire préfabriqué de l’homme préfabriqué que tu étalais sur chaque photo, avec la fierté transpirante d’avoir trouvé une belle formule qui te donnait l’air intelligent.
Et te voilà en train de te noyer dans ta peur, retourné dans un champ de navets, les jambes découpées par la taule allemande, et moi, à côté, qui te fais le bilan. Mais c’est mon boulot à moi. Je suis ton agent gros tas d’ambitions égocentrées. Tu ne t’es jamais vu dans rien parce que tu te croyais trop bien pour tout. Et même ce rôle là, le rôle de ta mort, tu le refuses en chialant comme un gosse : j’me vois pas dedans, j’veux pas y aller, c’est pas encore le moment, j’me vois pas dedans, Elizabeth !
Mais ferme donc ta gueule ! Arrête de te plaindre ! Tu as passé toute ta vie à gémir gros dégueulasse narcissique !
Elizabeth, elle en a marre de t’entendre geindre. Elizabeth, elle aimerait bien que t’arrêtes de dégueuler ta trouille dans ses oreilles. Elizabeth, elle, elle se voit bien dedans et elle attendait que ça d’avoir un peu de temps pour s’occuper d’elle un petit peu. Alors Elizabeth, elle va prendre le morceau de pare-brise qui lui traverse la cage thoracique et elle va y aller, Elizabeth. Et toi, tu vas rester là, à patauger dans ta chiasse. Alors vas-y, allez ! En attendant les secours prends encore une grande bouffée de merde ! Mets-t’en plein les yeux, plein la gueule, plein les poumons, plein la panse, plein le cul, vas-y bouffe ! Bouffe ! Régale-toi ! Éclate-toi ! Éclate-toi ! Vas-y éclate ! Vis ! Porc !
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